Regard de Sylvain Perigot – Plasticien
Je pénètre dans les lieux accueillis agréablement par une villageoise qui m’en vante d’entrée l’ambiance conviviale.
Entre les étagères des habitués échangent des commentaires d’une voix douce et feutrée sur leurs sujets de lecture favoris devant une consommation, thé ou café ?
Il est évident qu’aucun d’eux ne troquerait ce moment magique de communion pour la littérature, impossible à vivre dans un rayon sans âme de supermarché de la culture de l’hyperconsommation, ni évidemment seul face à son écran sur un site Internet branché.
Ici on peut toucher humer, déguster, savourer la culture, se l’approprier, la critiquer, la vanter, l’échanger. Les maîtres des lieux sont des passionnés avisés qui vous entraînent dans leur amour des mots.
Dame Catherine et Maître Didier officient déjà depuis dix lustres dans ce havre et leur installation a révolutionné la vie du village en y faisant exploser la culture liée à la douceur de vivre.
Après avoir affronté les années difficiles de la réhabilitation des lieux, après s’être frotté à la rude réalité des problèmes techniques et financiers pour aller vers un enjeu aléatoire, leur projet a pu enfin voir le jour concrètement.
Une victoire pour ces urbains qui se félicitent à juste titre d’avoir pu trouver l’épanouissement dans une vie culturelle, nouvelle vie où ils peuvent offrir autant qu’ils reçoivent auprès de la population de ce magnifique village qui a su reconnaître en eux les opportunités d’un développement culturel propice à sa vitalité.
La passion du livre a été le moteur de ce pari réussi au sein d’un village. S’armant du désir de retrouver le savoir-faire du métier de libraire et de se le ré approprier. Connaître les moyens de satisfaire le visiteur, suggérer et le guider dans son choix vers une gourmandise ……..intellectuelle.
Ici, le contact personnalisé avec le public reste l’unique façon de rendre
L’esprit épanoui et naturellement respecté.
Le noyau dur d’une demande existe ici aussi, face à la concurrence quasi déloyale d’Internet et des idées formatées de la société « bien pensante » de consommation mondialiste formatée de niaiserie.
Gestion impitoyable.
Parler aussi des best-sellers médiatisés aux ventes assurées, la librairie rurale table en qualité sur un réseau plus raffinée dans l’écoute de la demande. Un gage d’efficacité, de travail rentable en cultivent le jardin des lettres. Une forte personnalité est affirmée par un courant politique clairement affiché.
Dixit: «Sur commande on répond toujours, c’est possible de prendre le temps d’organiser, d’informer, de réfléchir au mieux. Nous répondons, sans refus opposé au client dans la mesure du possible…Nul n’est infaillible »
Catherine et Didier ont ouvert ce lieu en ruine il y a une décennie pour le meilleur en tartine et bons livres et pour le pire en saine fatigue (par leur enthousiasme ils oublient les heures de travail lourd de gestion).
A ce jour, la petite entreprise prospère au point qu’elle continue d’émerveiller, de séduire, dans ce local restauré bien intégré dans le beau village gascon de SARRANT.
Création faite pour accueillir des auteurs, des éditeurs, des artistes de tous poils, des aventuriers, des groupies, mais aussi, des habitants du village, et des groupes scolaires en pouvant proposer de savoureuses collations.
« Être au fait de la création des talents disponibles est essentiel. C’est un travail de longue haleine mais qui porte ses fruits que l’on partage volontiers aujourd’hui. »Dit Fabienne une habituée.
Un contact suivi avec le monde extérieur, sans replis, au premier étage du bâtiment une salle d’exposition temporaire est ouverte aux artistes coup de cœur des hôtes.
« Le bâtiment a comme axe « le passant » le recevoir et l’écouter, s’il veut parler ou respecter ses silences, s’il veut regarder, simplement lire des romans, étudier, consulter, acheter des ouvrages. Souvent les livres viennent se jeter dans vos mains comme de gros chats qui ronronnent car une partie importante de ses rencontres est spontanée »
Même de passage, un badaud sera surpris de ne pas être accueilli en touriste mais en lecteur.
«La présence d’une librairie en milieu rural est idéale pour se désintoxiquer de la pollution des villes. Des rencontres d’érudits reçus en plein cœur d’un village peuvent surprendre Alors qu’ailleurs, il faut parfois compter dans ses rêves pour trouver l’émotion d’échanges. »Dixit des clientes anglaises…
Deux mondes : Librairie et Tartinerie travaillent ainsi de concert, dans un but aussi gourmand que pédagogique. Mais la finalité reste toujours…….. la lecture, pour le plaisir comme pour le savoir.
Les libraires habituelles sont toujours liées par une logique de rivalité et de concurrence. Mais à Sarrant les sept Muses sont toutes accueillies : En effet, grâce à leurs choix artistiques éclectiques, Catherine et Didier laissent la porte ouverte aux artistes. Ainsi des sujets variés, musique, peinture, sculpture, graphisme, etc. peuvent être mis à l’honneur en permanence.
L’expression d’échange bourdonne ici été comme hiver
Des conférences, des préparations de salons, des expressions de toutes sortes sur la condition humaine sont autant de discussions d’actualité.
Il s’y passe aussi des rencontres confidentielles (d’auteurs et même de maisons d’édition). Cette organisation relève d’un stimulant défi au quotidien.
« Nous conjuguons les attentes du public à nos lectures personnelles que l’on aimerait faire connaître, pour partager nos passions» explique Didier.
Voir des lettres jusqu’au plafond
Ainsi, des coups de cœur inattendus fleurissent parfois comme j’ai vécu en tant que plasticien, une commande formulée ainsi par Catherine :
» Comment ferais tu rejoindre l’écriture et la peinture? »
Beau rêve d’un mariage annoncé : certains défis sont inévitables. Je me suis régalé, de tartines bien sur, mais surtout de créer une installation flatteuse pour un plasticien en devenir …….
Sur 26 toiles, poser les lettres de l’alphabet sur un prisme « d’arc-en-ciel Gersois » puis loger le tout dans la plénitude de ce lieu magique : voilà j’avais trouvé !
Ce fut sans difficulté que l’œuvre s’imposa. En évidence des lettres noires « instinctivement « sur des fonds couleur de prisme bercent des livres à contre-courant des « majors » de l’édition…
Depuis lors sous ces 26 toiles, d’autres rencontres littéraires et artistiques se sont succédées. D’autres viendront encore pour des dizaines d’années, parler et chanter la vie, en ce lieu symbole de la culture et du plaisir définitivement enraciné dans la vie du village.
Merci, de tout cela, à Dame Catherine et Maître Didier: vous savez au fil des ans partager vos passions, montrer votre savoir-faire.
Car ici vit un vrai métier de libraire, Mais aussi se concoctent des tartines succulentes qui rendent la vie belle aux gourmets.
L’heure de lire mérite le détour pour se poser là, en Gers à Sarrant . Lecture pour le plaisir et le savoir, sachez que cette librairie a voix au chapitre……………
Prenez en gré.
SYLVAIN PERIGOT PLASTICIEN…..01.02.2010
CAHORS EXPOSITION Tous pareil et tous différent dans les Nuits d’amour
Tous pareil et tous différent
dans les Nuits d’amour.
Habitué au noir velouté chaud en fond, j’ai coloré, interprété « des nuits d’amour « sur glacis 20×20, j’ai ouvert, pour vous, des fenêtres lunaires peuplées de « Tous pareil et tous différent ».
Ces nuits, seul ou à deux, nous apportent du réconfort, des sentiments, de la force, et de l’espoir. Si je passe une nuit, seul, à dormir profondément, je rêve, je récupère, je phantasme dans le cosmos de la création. Ne pas pouvoir éradiquer les cauchemars, oublier la déprime? Comme penser au proverbe “un être manque et le monde est dépeuplé”, parce que personne ne vous réclame toutes les cinq minutes? Non, ce n’est point mon genre.
.Ecoutez, Il n’y a aucun bruit dans les chaudes nuits noir d’été apaisé.Seul viennent beaucoup de baisers sous la couette de Mélusine si rassurante, avec elle rêver, passer tout son temps, tout doucement, sur le bord d’un nuage blanc. Caressée des ailes du vent, elle aspire à consommer un magicien charmant.
Vous y être ? Le combat commence et le fait de ne plus avoir de couverture, ne plus avoir de place dans ce lit, batifoler, rire ensemble, vous fait jouir…………
Vous, vous réveillez heureux avec votre espoir d ‘une belle journée à vivre pleinement pour qu’elle revienne quotidiennement, à condition de retrouver entre, le noir velouté chaud du « Graal »…………………………..
Votre Mélusine, elle a déjà déserté le lit en se levant une heure avant vous pour ne pas s’offrir à la lumière du petit matin soleil. Petits égards qui rendent la cohabitation en couple essentielle à notre bien-être, et à cette sensation de bonheur issu de la nuit colorée sur fond noir grillon.
Jour, nuit, blanc, noir, soleil, lune : L’un devient rapidement la drogue de l’autre, et à deux, le couple forme un ensemble plus solide, plus fort, et totalement complémentaire en respectant les rythmes immuables de l’être.
Il vous manque déjà, vivement ce soir.
Sur la campagne endormie, le silence tombe fendu par un cri, ce n’est rien, un oiseau de la nuit, qui fuit, que c’est beau cette pénombre qui attend son tour, le ciel, le feu et l’ombre puis le noir de la nuit qui se glisse jusqu’à moi, sans bruit dans les glacis.
Une ou deux heures du matin, je tourne mes rêves sous le léger drap blanc qui m’enveloppe. Je suis parti dans le sommeil profond, la paix, le repos du guerrier armé caressant son sabre turgescent, reviendra t elle? .
Le combat engagé contre mon oreiller est âpre dans ses «Les Nuits blanches». Epuisé, enfin, je m’abandonne à l’inéluctable flottement dans le noir infini.
Comme Dick van Dyke au bras de Julie Andrews dans une danse époustouflante, empreinte du bonheur de l’enfance, chantonnent « Supercalifragilisticexpialidocious » en s’envolant, moi je flotte dans l’infini.
Rêver de toiles, rejouer la gamme des couleurs d’acrylique en musique pour les lier à ce courant « instinctiviste » dont je fais parti.
L’organisation de cette exposition « cadurcienne » m’emporte comme la célèbre « Mary Poppin’ s avec son parapluie et ses créations »
Sitôt de mes rêves un souvenir précis me revient, plus vrai celui la, au fur et à mesure que je m’en approche.
Nouvelle rencontre dans les rendez-vous volés aux rues de mon enfance, qui est cet homme et cette femme que leur sensibilité commune rapproche, mes parents? Deux cœurs solitaires s’ouvrent l’un à l’autre dans cette douceur du soir d’été au pays des souvenirs d’enfance, ils me sourient. Une parenthèse d’amour la bas très loin dans le fond de ma mémoire : oui ! Mon père m’offrit le jour de mes sept ans, un agneau tout blanc.
Doux, comme lui, mon premier compagnon, le premier protégé, le premier animal de l’enfance je le baptise comme mon cousin « Bibi » .Pensez l’inattendu ! Un agneau ! Cette tendresse, l’innocence, la douceur et l’amour, surtout, à partager ! L’agneau Pascal, sortit des fables de La fontaine, loin des moutons de panurge, dans mes nuits d’insomnie je suis pas seul, je n’ai qu’un mouton à compter, c’est lui.
De ces jours d’enfance bénis, je me revois avec ce nouvel ami. Nous apprîmes vite à nous connaître et à s’apprécier, à s’aimer. Je piaffais d’impatience à l’école et n’avait de cesse de retrouver son cher compagnon. Sitôt dès que je revenais à la maison, je m’empressais de le détacher et jouait avec lui.
De fait, « Bibi » me suivait partout. Entrait dans la maison où il logeait comme un chien. On entendait sur les carreaux de grés cliqueter les petits sabots de » Bibi » il me suivait jusque dans la grande salle à manger de la maison. Attendant posément que j’eu terminé mon repas ou mes devoirs. Il me suivait, collait à mes talons son trottinement allègre et demeurait auprès de moi tendre et fidèle tandis que je vaquais à mes occupations. Celle-ci achevées, tous deux regagnons la campagne bucolique, immense jardin d’Eden, à la sortie du village et les jeux de gambades et cabrioles reprenaient, même qu’une fois d’un coup de tête il me projeta en fin de jour dans le ruisseau faisant rire tous mes amis, trempé j’en ri encore plus fort, temps béni de l’enfance et de l’innocence partagée !
Une grande céramiste d’art « Marie-B » a capté tous les frères de « Bibi », j’ai accroché autour de ses œuvres des « nuits d’amour » pour vos rêves, souhaitant partager en cette première quinzaine du mois de décembre 2009 chez David, au « Carré d’Art » 46 Rue Pelegry 46000Cahors. WWWcarre-d’art.fr tel06.77.81.99.97
Où je vous donne rendez-vous.
- perigot sylvain
CARMEN
«Fenêtres sur Carmen » est une prolongation du travail réalisé par Périgot Sylvain dans la collection « Nuages de verre ».Passion, tragédie, combat, amour sont effectivement des thèmes que l’artiste plasticien a explorés ici dans ses peintures.
Suggérant le regard sans jamais exposer l’héroïne qui est l’envoûtante Carmen. L’héroïne est créée par Prosper Mérimée dans une nouvelle écrite en 1845 puis sublimée par Georges Bizet en 1875 dans le célèbre opéra.
Pourquoi Carmen? L’histoire de Carmen est celle d’une obsession. Comme le dit Emilio Sanz Soto, Carmen et Don José se dévorent pour le plaisir de se dévorer. Ce n’est pas la tragédie grecque qui cherche un salut ou une condamnation, c’est autre chose. Ici, seule la mort peut nous libérer du désir. C’est l’impossibilité de s’écarter du destin. Les dés sont jetés comme dans les contes orientaux.
Il est curieux que ce personnage si représentatif de l’Espagne, que les hommes aiment jusqu’à lui donner leur vie, soit une invention française. Or c’est bien de France et de la main de Mérimée et Bizet, qui a si profondément fouillé notre tempérament et nos coutumes, que nous vient Carmen. Engendrée par Mérimée, alimentée par la mémorable musique de Bizet, ces deux versions inséparables ont été la base de ce travail de plasticien d’instinctivisme.
Cette création picturale «Fenêtres sur Carmen » est une version soufflée et projetée. Le souffle, derrière le verre, est ici le personnage absolu .Qui dit souffle : dit rythme, musique, mouvement, parfums. L’intention a été de trouver dans les racines de l’instinctivisme l’émotion jusqu’au frontière du figuratif .Un tempo, de douze tableaux, trouve les éléments de cette Carmen et, pour cela se colore d’acrylique sans trahir pour autant l’ambiance de la belle partition de Bizet qui, au contraire donne le rythme au support. Le désir serait qu’à travers ses nuages, sans jamais la voir, on puisse décrire les caractéristiques de l’histoire de Carmen .Elle est célibataire, séductrice et sûre d’elle (« si tu ne m’aimes pas je t’aime et si je t’aime prends garde à toi « . Elle cherche à se faire remarquer
On entend, on devine Don José au travers de l’air » Près des remparts de Séville » : Il est célibataire, timide et sûr de lui dans son amour. Pourtant Carmen lui donne rendez-vous près des remparts de Séville s’il la libère….
Devinons Escamillo par son air : » Votre toast je peux vous le rendre » : Il est célibataire, vantard, séducteur, sûr de lui, séduisant et populaire. Son apparition est acclamée par la foule sous l’oeil de Carmen qui certes en mourra.
Georges Bizet, fils de professeur de chant, entre au conservatoire enfant. Né le 5 octobre 1838 à Paris et décédé le 3 juin 1875 à Bougival, 3 mois après l’apparition de son oeuvre « Carmen ».
« Carmen » fut composée en 1874, apparut sur scène le 3 mars 1875 à l’Opéra-comique de Paris.
Aujourd’hui à Toulouse le plasticien instinctivisme Périgot Sylvain. Il réactualise instinctivement l’émotion intérieure de cette histoire en douze tableaux, comme les heures du jour, on ressentira les titres suivants :
1) L’aventure .2) L’ambiance chaude .3) L’espoir .4) La séduction .5) Le jeu de l’amour.6) La trahison .7) Le « je t’aime » passionnel .8) L’arme qui tua .9) La prison .10) Le rêve envolé.11) Les bulles de sensualité .12) La mort dans l’âme.